vendredi 18 septembre 2015

Voyage en Alaska, Jeudi 17 Septembre 2015, Jour 109, Buffalo, Wyoming.

On quitte le camping pour 9h, il fait 10 degrés Celsius et la journée s’annonce ensoleillée. On visitera le Little Bighorn Battlefield National Monument au Montana. Ça fait longtemps que cette visite est sur ma Bucket List, mais dans le passé c’était toujours trop loin, en dehors de notre chemin.

Le site est situé sur une réserve indienne et couvre un assez grand territoire. Il y a eu environ 8 kim entre les différentes batailles. En 1868, on signait le Traité de Fort Laramie. Dans ce traité, le gouvernement américain donnait aux indiens de grands territoires et s’engageait à les protéger des hommes blancs. Pour le gouvernement, il valait mieux nourrir les indiens que de les combattre. Tuer un indien dans une guerre coutait 1 million de dollars.

Par contre en 1874, on a découvert de l’or dans les Black Hills qui étaient en plein centre du territoire indien. L’armée a bien essayé de garder les blancs à l’extérieur de ce territoire mais sans succès. Le gouvernement a essayé d’acheter ces terres. Comme c’était des terres sacrées pour les indiens, ils ne voulaient pas vendre. Les chercheurs d’or ont envahi les territoires ne montrant aucun respect. Ils ont été suivis par des colons, eux aussi ne connaissaient pas les coutumes indiennes. Les indiens ont commencé à attaquer et à tuer ces groupes.

En 1875, le gouvernement a avisé les indiens qu’ils devaient être dans les réserves avant le 31 janvier 1876, sinon, ils seraient considérés comme hostiles et qu’on enverrait l’armée. Les indiens n’ont pas écouté et le gouvernement a envoyé l’armée.

En fait tout ce que les indiens voulaient c’était de continuer à vivre comme ils l’avaient toujours fait, chasser le bison et conserver le mode de vie nomadique. Ce fut un choc de culture inévitable.

Sitting Bull était un grand chasseur et guerrier, un chef politique et spirituel. Un grand sage qui était très éloquent. Il a réussi à rassembler toutes les tribus indiennes pour s’opposer à l’expansion des blancs dans l’ouest. Son discours disait que les indiens étaient bien fous d’échanger leur liberté contre un morceau de bacon gras, des biscuits, du sucre et du sel. Après la bataille, il s’est enfui au Canada et est retourné aux États-Unis 5 ans plus tard pour se rendre aux autorités. Il a été tué par la police indienne.

De l’autre côté, le Lieutenant-colonel George Armstrong Custer était un gradué de l’école militaire de West Point, un vétéran de la guerre civile américaine. C’était un officier de la cavalerie qui avait gagné presque toutes ses batailles contre l’armée sudiste. C’était un héros, il avait hérité du surnom Custer Luck. Durant la guerre de Sécession, il n’avait été blessé qu’une seule fois par un éclat d’obus, par contre 11 des chevaux qu’il montait ont été tués.

Le 25 juin 1876, les États-Unis fêtaient leur centième anniversaire à Philadelphie lors d’une exposition universelle. En même temps aura lieu la bataille de Little Bighorn ou 262 soldats américains seront tués par les indiens. Ce fut tout un choc pour les américains.

Trois groupes de l’armée américaine se dirigeaient vers le village indien de Little Bighorn. Custer avait 600 cavaliers, il a divisé son groupe en trois. Il a été le premier à trouver le village. Entretemps les indiens ont attaqué les deux autres groupes, les empêchant de rejoindre Custer. Custer s’est retrouvé coincé avec 210 hommes, attaqués par des milliers d’indiens. Les guerriers indiens étaient jeunes, la moyenne d’âge 22 ans. Ils ont attaqué sans relâche, comme des vagues qui frappent un rocher.

Ils étaient une redoutable machine de guerre, ne perdant qu’environ 100 guerriers dans toute la bataille. On a pu reconstituer la bataille à partir des corps des soldats abandonnés sur le site. Par contre, les indiens ont rapporté leurs corps, pour les inhumer ailleurs.

Du coté des soldats on a pu faire des toiles du Last Stand, on peut voir les héroiques soldats se battant. Mais, on  n’a jamais fait de toiles lorsque la bataille était finie. On ne voit jamais de toile sur laquelle les soldats auraient abattu leurs chevaux pour en faire une barricade. Vers la fin de la bataille, ils avaient tué 39 chevaux. On a d’ailleurs un cimetière pour ces chevaux près du monument.

Les indiens ont gagné cette bataille mais perdu la guerre. En fait, ils ont tout perdu, ils se sont ramassés dans de toutes petites réserves à la fin de ce conflit. Ils ont souffert de la faim et ont été obligé de s’adapter au monde de vie des blancs. On a pris leurs enfants, tout comme au Canada, pour les envoyer dans des écoles gérés par des religieux, et on en connait les conséquences aujourd’hui.

En 2003, les indiens ont décidé de construire leur propre monument sur le site. C’est un très beau monument. C’est un cercle avec des ouvertures, et une vue sur l’obélisque des soldats américains. C’est une porte qui les invite à venir rejoindre les guerriers indiens au paradis. Les monuments indiens sont en granit rouge, tandis que ceux des 265 militaires américains sont en granit blanc.

Sur ce site, on est en pays de serpents à sonnettes. On a érigé sur le site, un autre grand et beau cimetière pour tout soldat américain qui voudrait y être enterré. C’est un peu comme un petit cimetière d’Arlington.

On croisera une petite van et roulotte bien équipée. On entrera dans le Wyoming ou je verrai le VR de mes rêves, un beau Prévost qui tire un Jeep Rubicon, le kit parfait. On s’est arrêté un peu plus de bonne heure que d’habitude, juste avant 18h. Aujourd’hui, nous avons complété le Montana, et avons parcouru une partie du Wyoming. Nous nous arrêterons à Buffalo dans un KOA ou nous avions déjà campé en mai 2014.

Nous avons parcouru 345 km et il nous en reste 3,665






































1 commentaire:

Claude Lamarche a dit...

Vous avez l'art de résumer l'histoire.
Très bien dit.
Il manque les bisons qui sont "tombés" en bas des montagnes.